Comme leurs créations, les roboticiens suisses se mettent en mouvement
Industrie — Six entreprises suisses, dont quatre vaudoises, font cause commune. Objectif : ne pas rater le train de la robotique mobile, un marché très prometteur.
« Le problème des entreprises de robotique, c'est qu'elles doivent se battre contre le cinéma », plaisante Antoine Lorotte, directeur de FiveCo. Car pour arriver à Terminator, il y a encore du chemin à faire !
N'empêche, le marché de la robotique est des plus prometteurs. Le risque est alors de rester à quai, pendant que d'autres, aux États-Unis notamment, prennent les devants. « Nous avons constaté qu'en Suisse, beaucoup de petites sociétés travaillaient dans la robotique, mais chacune dans leur coin : notre idée, c'était de les regrouper autour d'un même axe, afin de leur donner plus de poids », explique Antoine Lorotte.
Des robots qui ont la bougeotte
C'est ainsi que quatre sociétés vaudoises ont fondé le Swiss Mobile Robotics Consortium à fin 2004 : BlueBotics, Cyberbotics et FiveCo à Lausanne, K-Team à Yverdon. Un quatuor que viennent de rejoindre, en novembre dernier, la Tessinoise GCtronic et la Zurichoise Neuronics.
Reste une question de définition : qu'entend-t-on par « robotique mobile » ? Réponse : le développement de robots autonomes, bardés de capteurs, et donc capables de se déplacer sans se cogner aux meubles. On peut les opposer, notamment, aux bras articulés fixés aux chaînes de montage de voitures.
Exemple type de ces « robots mobiles », les aspirateurs robots. Mais le champ d'application est vaste : le nettoyage, mais aussi la surveillance, l'aide aux handicapés, les loisirs, la logistique — par exemple pour la distribution du courrier dans un bureau. Sans oublier les « robots guides » qui ont fait leur preuve à l'Expo.02. En tout, ce marché de la robotique de service pèsera 11 milliards de dollars en 2010, selon une étude des Nations Unies.
Pourquoi passer à six ? Les six entreprises du consortium vont donc travailler main dans la main pour promouvoir la robotique auprès des industriels : « Nous devons prouver que nos solutions sont rentables et efficaces, en mettant aussi en avant le label Swiss Made, qui a toujours beaucoup de poids à l'étranger. » Première étape, le jeune lobby aura son stand au salon industriel Go Automation à Bâle : « Un espace de 80 à 100 mètres carrés, nous n'aurions jamais pu nous le permettre tout seul ! », souligne le directeur de FiveCo.
FiveCo, deux spécialités
Les six membres du Swiss Mobile Robotics Consortium sont très complémentaires : l'un est spécialisé dans la simulation, un autre dans les systèmes de navigation, un troisième dans la mécanique, etc. Quant à FiveCo, jeune société du Parc scientifique d'Ecublens, elle a deux cordes à son arc : l'électronique embarquée et le traitement de l'image. C'est elle, notamment, qui a développé le logiciel de reconnaissance des plaques minéralogiques utilisé par les polices vaudoise, fribourgeoise ou encore schwytzoise. Parrainée par Genilem, la société a « plus que triplé son chiffre d'affaires cette année par rapport à 2005 », souligne son directeur Antoine Lorotte, sans communiquer de montant.
Regroupement — Antoine Lorotte, en commun avec cinq autres roboticiens, veut promouvoir le label Swiss Made.
Nicolas Berlie